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HORSKH – Glow : quand regarder la mort en face devient une manière de continuer à vivre

15 août
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 août

Cover Glow - Horskh © Mush Design
Cover Glow - Horskh © Mush Design

Et si la lumière que l’on cherche à suivre était aussi celle de la fin ? 


Avec Glow, HORSKH signe un troisième extrait de MTNT, son nouvel album attendu le 25 septembre 2026. Derrière un morceau aux sonorités industrielles, électroniques et grunge se cache une réflexion beaucoup plus intime sur la mort, l’existence et cette nécessité de continuer à avancer alors même que l’on connaît l’issue.


Il y a des morceaux que l’on découvre parce qu’une mélodie nous accroche, et il y a ceux dont l’image nous donne d’abord envie de savoir ce qu’il y a derrière. C’est ce qui s’est passé avec Glow.


Pendant notre pause estivale, alors que l’actualité musicale continuait de défiler sur les réseaux sans que nous nous arrêtions dessus, la pochette du nouveau single de HORSKH a attiré notre regard. Le visage de Bastien, son regard dirigé vers le haut, cette lumière froide, les contrastes de bleu et de rouge… Il y avait quelque chose d’assez hypnotique dans cette image. (Et puis HORSKH fait partie de ces groupes que l’on suit avec une affection particulière chez Fin Bien, alors forcément, on a lancé le morceau.)


Une lumière qui n’a rien de rassurant


À première vue, le titre Glow pourrait évoquer quelque chose de lumineux, de chaleureux, voire de réconfortant. Pourtant, dès les premières paroles, HORSKH installe une atmosphère beaucoup plus inquiétante.


Le morceau s’ouvre sur l’image d’une « acid rain » qui semble sortir des yeux. Les larmes deviennent corrosives, elles éclaboussent les autres, accompagnées d’un « dry laugh ». Il y a anguille sous roche, comme on dit. Les signes sont là et le texte finit par poser cette nécessité : « it’s time to do another thing here ». On comprend alors que le Glow n’est pas une lumière vers laquelle on se précipite naturellement, c’est précisément celle qui fait peur.


Le morceau répète : « It’s time to watch the glow / the one that scares », avant d’ajouter : « don’t turn your head ». Ne pas détourner la tête. C’est une phrase simple, mais elle devient particulièrement forte lorsqu’on la met en regard de la pochette signée Mush Design. Le visage de Bastien semble justement happé par cette lumière. Son regard est levé, comme s’il acceptait de regarder quelque chose qu’il aurait pourtant toutes les raisons de vouloir éviter.

L’image et les paroles semblent donc raconter la même chose : il faut regarder. Même lorsque ce que l’on découvre nous fait peur.


Glow parle de la mort, mais pas seulement de la sienne


C’est là que le morceau devient intéressant.


Dans une interview réalisée par La Grosse Radio consacrée à la sortie du single, Bastien Hennaut explique que Glow explore notre rapport à la mort et à la condition humaine : faire de son mieux pour exister, créer et avancer tout en sachant quelle sera l’issue. Il évoque aussi la possibilité de se transformer et d’inventer de nouvelles formes d’existence face à cet inévitable.

Finalement, qui n’a jamais eu cette conversation ? Une pensée qui arrive le soir, une peur que l’on formule pour la première fois avec son ou sa psy, la question de savoir comment on fera lorsque quelqu’un que l’on aime disparaîtra. Penser à notre propre mort est une chose. Penser à celle de nos proches en est une autre. Nos parents, notre famille, nos amis, ces personnes dont on imagine naturellement qu’elles feront toujours partie du paysage.


Et pourtant, quelque part, on sait que ce ne sera pas toujours le cas.


C’est peut-être cette connaissance-là que Glow met en musique : vivre avec la conscience de la fin sans laisser cette conscience nous empêcher de vivre.


Regarder la lumière plutôt que détourner les yeux


Le morceau ne semble d’ailleurs pas proposer une réponse confortable à cette peur.


Au contraire, HORSKH insiste sur la chute. « Are you ready to go to fall down / Are you ready to go to break down », répète le texte.

Tomber. Se briser. S'effondrer. Le vocabulaire est brutal, mais il est immédiatement suivi d’une autre idée : « Go fight the storm ». La tempête est là. On ne peut pas nécessairement l’empêcher, mais on peut encore choisir de l’affronter.

C’est ce qui empêche Glow de devenir un simple morceau sur la fatalité.


La mort est inévitable. La disparition de ceux que l’on aime l’est aussi, même si l’on préfère ne pas y penser. Mais entre cette connaissance et le moment où elle deviendra réalité, il reste quelque chose : le temps de vivre, de créer, de se transformer.

C’est précisément la lecture que Bastien Hennaut donne au morceau : face à l’inévitable, il reste la possibilité de créer et de transformer notre manière d’exister.

Cette idée rejoint directement l’univers de MTNT.


Glow, troisième pièce d’un HORSKH en pleine mutation


Glow n’arrive pas seul.


Le single est le troisième extrait de MTNT, après Bad Glitch, sorti en janvier 2026, et Hyperhuman, dévoilé en mars. Glow est sorti le 9 juin 2026.


Le nouvel album de HORSKH est annoncé pour le 25 septembre 2026 et comptera dix titres. La tracklist place d’ailleurs Glow en deuxième position, juste après Bad Glitch et avant Hyperhuman.


Les trois morceaux dévoilés jusqu’ici dessinent déjà un univers plutôt cohérent.

Avec Bad Glitch HORSKH explore une forme de contamination, de propagation et de transformation, jusqu’à cette conclusion glaçante : « I’m dead ».

Hyperhuman poursuit cette réflexion sur le corps et la transformation. Le texte parle d’un monde où les données traversent le cerveau, où une force modifie le corps et où celui-ci finit par être effacé par un rêve.

Puis arrive Glow, qui déplace le regard vers la condition humaine et la conscience de notre fin.


Trois morceaux, trois manières d’interroger ce qui arrive lorsque quelque chose change irréversiblement.

Bastien Hennaut décrit MTNT comme un album consacré aux mutations intimes, sociales et technologiques, où la transformation devient à la fois une force créative et un symbole d’étrangeté. Il le présente également comme le disque le plus extrême et aventureux de HORSKH, avec davantage de violence, de mélodie, de grunge et d’indus.


Une musique industrielle pour parler de quelque chose de profondément humain


Musicalement, Glow reste fidèle à ce qui fait la force de HORSKH : la rencontre entre metal industriel, électro, EBM et guitares, avec une énergie pensée autant pour l’écoute que pour le live.


Le morceau commence sur des accents de grunge industriel avant de s’ouvrir sur un refrain plus mélodique et mid-tempo. Ce contraste donne au titre une respiration différente, sans lui faire perdre sa puissance.


Le groupe, originaire de Besançon, construit depuis plusieurs années un son qui refuse de choisir entre la brutalité du metal et les textures électroniques. Glow s’inscrit pleinement dans cette identité, tout en ouvrant une nouvelle dimension plus mélodique et introspective.


Le clip officiel, réalisé par Bastien Hennaut, prolonge lui aussi cette direction avec une esthétique cyberpunk et colorée. Le groupe ne sépare donc pas vraiment musique et image : les deux participent à la construction du même univers.


Et si le Glow était simplement cette lumière que l’on sait arriver ?


C’est peut-être ce qui nous reste après plusieurs écoutes. La pochette nous avait attirés par son esthétique, le morceau nous a retenus pour ce qu’il raconte. Au final, Glow ne parle pas uniquement de la mort. Il parle de ce que nous faisons de la connaissance de notre mortalité.

Est-ce qu’on préfère détourner la tête ?

Est-ce qu’on essaye de ne pas y penser ?

Ou est-ce qu’on accepte de regarder cette lumière, même lorsqu’elle nous fait peur, pour mieux comprendre ce que l’on veut faire du temps qu’il nous reste ?

HORSKH ne donne pas vraiment de réponse. Il nous demande simplement de regarder. « Don’t turn your head. »


Peut-être que continuer à avancer commence ici 😊


Glow est disponible à l’écoute sur les plateformes de streaming.



 
 
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